Le Manoir du Hocquet -- Historique du lieu
Le manoir du Hocquet est situé pour partie sur la commune de Vaudrimesnil et pour partie sur celle de Saint Sauveur Lendelin.
C'est la rivière "La Meule" traversant la propriété, qui délimite les deux communes.

Le premier acte de vente connu date de 1595. Etabli sur une peau de porc, il révèle que le premier propriétaire connu était un dénommé Macé, Seigneur de Cuves et de Vaudrimesnil. Il l'avait acquise en 1595, ce qui laisse supposer que la construction est antérieure à cette date. L'acte dc vente porte sur un moulin (lieu-dit " Moulin du Hocquet") et une maison d'habitation, ce qui montre qu'à cette époque la maison n'était qu'accessoire et que l'outil de travail était primordial.

A partir de 1617 , la propriété a été transmise dans la famille Bois. Il semble que ce soit vers 1700 que Nicolas Bois ajouta à son nom celui du lieu-dit" Le Hocquet" s'appelant ainsi dorénavant Bois du Hocquet.
Nicolas Bois du Hocquet. devenu propriétaire du manoir, épousa Siméone Thérèse Lebrun de la Senniere, qui était la soeur de Charles François Prince Lebrun, duc de Plaisance et 3e Consul de la Republique. Il y avait exposé dans le salon une peinture du Prince Lebrun laquelle est désormais au Musée de Coutances.

Cette famille semblait avoir eu une fortune considérable puisque ses biens s'étendaient sur les communes de Vaudrimesnil, Saint Sauveur Lendelin, Saint Michel de la Pierre et La Rondehaye. La propriété était alors appelée " Domaine du Hocquet".

Extrait de l'Histoire de Saint Sauveur Lendelin:
"En 1793 les chouans attaquent et pillent le Manoir du Hocquet, emportant l'or et tous les objets précieux".

Après extinction de la lignée d'héritage de la famille Bois, la propriété revint en héritage à la famille Campain. Puis elle fût acquise par le précédent propriétaire en 1972 et revendue en 2014 aux propriétaires actuels.

Lors des combats de la libération en 1944, les Allemands avaient établi leur quartier général au manoir.

A l'origine, l'accès de la propriété se faisait par un chemin tracé entre deux haies bocagères, débouchant sur la voie romaine (de Cosedia à Allones). Ce chemin n'existe plus car le remembrement a chamboulé le paysage et donner plus de surface aux parcelles limitrophes.
A l'entrée initiale de la propriété se tenait le moulin et la maison du gardien dotée d'un puit cylindrique. La boulangerie et le lavoir se trouvent maintenant à la nouvelle entrée de la propriété. La façade actuelle de l'immeuble était donc jadis l'arrière de la maison et inversement. A cette époque l'avenue actuelle n'existait pas.

Les aléas de la vie ont fait que la maison du gardien et le moulin n'ont pu être restaurés. Le moulin possédait trois roues alimentées par trois conduites d'eau en gomit. L'ensemble s'est effondré dans le bief. Seul le déversoir a été reconstruit, malbeureusement sans ses gargouilles, brisées pour la plupart d'entre elles. Par contre, le bief a été, sur sa plus grande longueur entièrement reconstruit.

Derrière la maison d'habitation il y a une grande cour avec des bâtiments d'exploitation datés de 1778. Dans une partie de ces bâtiments, il y avait un pressoir à vis et un tour pour écraser les pommes, lequel se trouve désormais sur la pelouse face à la maison et au milieu duquel a été planté un araucaria. Les écuries ont été aménagées ou transformées tout en conservant les plafonds faits de fagots et de foin, lesquels accueillent des couples d'hirondelles. La chartrie était quant à elle totalement effondrée.
La boulangerie avec son four à pain ont été entièrement restaurés de même que le lavoir.

Il semble que ce soit à la fin du 19ème siècle que la maison a été fransformée en style Mansard. Antérieurement, elle avait une toiture à deux pentes, vraisemblablement recouverte de chaume. Les deux pignons en argile sont encore visibles dans les combles. Les murs, épais de 70 cm, sont construits en pierre jusqu'au premier étage et en argile au dessus. Tous les plafonds sont en terre sur un ensemble de poutres et de rouis. II existe encore actuellement six cheminées sur les huit qu'elle comptait à l'origine, dont une Louis XV avec un trumeau surmonté d'un toile de l'école hollandaise représentant la présentation de Jésus au Temple, une de style renaissance avec les armoiries sculptées de la famille Bois du Hocquet, une sculptée en marbre noir veiné de blanc, une autre en marbre rose et un grand âtre dans la cuisine.

Les actuels propriétaires après avoir acquis cette demeure en 2014, ont réalisé des travaux pour la remettre en état en conservant autant que possible son authenticité.

Le parc accueille en permanence de nombreux écureuils et la rivière des hérons et des canards. Des chevreuils viennent également de temps à autre se promener sur les terres.